Confinement : 5 exercices pour muscler sa mémoire
Lockdown: Muscle up your Memory

D'accord, d'accord, pendant le confinement il faut se livrer à quelques exercices physiques pour garder la forme et éviter les kilos superflus… Mais notre cerveau dans tout ça? Le confinement peut être le moment idéal pour apprendre à mieux faire fonctionner notre cerveau. Pour éviter le ramollissement qui guette, nous vous proposons cinq conseils pour muscler une activité non négligeable de notre matière grise : la mémoire. Pour nous aider, le mentaliste Fabien Olicard (pictured below), Sur YouTube, dans ses spectacles ou ses livres, comme le best-seller « Votre cerveau est extraordinaire », il livre ses astuces, cinq conseils pour éviter le trou de mémoire.
Découper en petits morceaux
Non, ce n'est pas une recette de cuisine mais une idée simple confirmée par des études scientifiques : notre cerveau mémorise mieux par « petits paquets ». « Les psychologues estiment que nous pouvons retenir en moyenne sept informations.
Le meilleur exemple, ce sont les numéros de téléphone : on ne va pas retenir les 10 chiffres mais on va les regrouper par deux. Comme les deux premiers sont souvent les mêmes, 06 par exemple, au final on retient que quatre informations. Si vous avez un long texte à apprendre, un discours par exemple, il faut donc essayer de le découper en 7 morceaux, quitte à redécouper encore à l'intérieur de chaque partie. Vous pouvez ainsi essayer de retenir votre numéro de carte de crédit, en découpant par morceaux qui ont une signification pour vous : une date de naissance, un numéro de département, votre anniversaire de mariage… »
Se parler à voix haute
Quand on oublie facilement les petites choses du quotidien, ce qui peut parfois être très embêtant, c'est d'abord un problème de concentration. « Il faut être dans l'instant présent. Si par exemple, vous vous demandez si vous avez bien fermé votre porte ou non, c'est sans doute que dans l'action vous pensiez à autre chose : votre prochaine destination ou ce que vous deviez y faire. Quand vous mettez la clé dans la serrure, il faut vous obliger à prononcer dans votre tête et même à voix haute « Je ferme la porte à clé ». À l'inverse, vous pouvez aussi avoir besoin de silence pour rester concentré. Moi par exemple, je me mets souvent un casque sur les oreilles, sans musique. Après avoir prévenu autour de moi… »
Créer votre « palais mental »
Il ne suffit pas de réussir à inscrire un souvenir dans votre mémoire. Encore faut-il réussir à le retrouver au moment voulu. « Peu à peu, le souvenir s'estompe. Il est bien dans votre cerveau, qui a une capacité de stockage énorme, mais vous ne parvenez plus à retrouver le chemin qui mène à lui. La phrase typique, c'est « je le sais, mais là je ne m'en souviens plus… ». Deux conseils pour remédier à cela. Le premier : réviser les informations. Si vous venez d'apprendre une information géographique, la capitale d'un pays par exemple, essayer de la réviser 10 jours plus tard, puis un mois plus tard, puis un an plus tard. À un moment, elle sera gravée. Autre option : les moyens mnémotechniques. Moi, j'aime bien la méthode des lieux. Il faut s'imaginer mentalement dans un endroit qu'on connaît par cœur et y visualiser ce qu'on veut retenir. Par exemple, vous pouvez imaginer votre liste de courses dans votre salon : les carottes sur une étagère, les œufs sur le parquet, le papier toilette sur le canapé… »
Essayer les « flash cards »
Pour avoir une bonne mémoire, foi de Mentaliste, il faut être curieux. « Pour la stimuler, il faut savoir sortir de sa zone de confort. La mémoire a besoin de diversité, qu'on lui donne à manger des choses variées. Même si des domaines vous rebutent a priori, les nouvelles technologies par exemple, il ne faut pas les négliger. L'exemple le plus significatif, ce sont ces personnes âgées qui sont très fortes en mots croisés, parce qu'elles en font toute la journée, mais qui ont plein d'autres problèmes de mémoire.
Autre chose importante : il faut creuser les informations dans les deux sens. Je m'explique. Si vous demandez à quelqu'un de vous citer trois villes d'Australie, peu en sont capables. Si vous demandez à la même personne si Sidney, Melbourne et Canberra se trouvent en Australie, elle répondra « Bien sûr ! ». Pour vous aider, il existe les flash cards. Dans mon exemple, il y a sur une face de la carte les 3 villes et sur l'autre Australie. À chaque fois, après l'avoir consulté, vous la remettez dans l'autre sens… Et vous recommencez plus tard. Il en existe dans le commerce mais vous pouvez très bien créer vos propres cartes. »
Se servir de son imaginaire
Vous avez du mal à retenir les prénoms ? Fabien Olicard vous propose une technique, ou plusieurs, pour y arriver plus facilement. « D'abord, au moment des présentations, je vais me concentrer. Et puis je vais verbaliser. Si on me présente « Thomas », je vais répéter « Bonjour Thomas ». Et si on passe la soirée ensemble, je vais répéter son prénom plusieurs fois à haute voix. Mais surtout, je vais me servir de mon imaginaire. Dans mon exemple, je vais associer « Thomas » au spationaute « Thomas Pesquet ». Et je vais vraiment l'imaginer en tenue de cosmonaute. Vous pourrez ainsi convoquer cette image à chaque fois que vous recroiserez Thomas. »
Par Christophe Levent
http://www.leparisien.fr/ Le 27 avril 2020