Le périphérique fête ses 40 ans
Paris ring road is 40
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Quel avenir pour le périphérique parisien, 40 ans après sa création ?
Faut-il faire disparaître ou améliorer le périphérique parisien, véritable frontière entre la capitale et sa banlieue et, surtout, source majeure de pollution et nuisances pour les riverains ? La question est posée alors que cette autoroute urbaine, la plus empruntée d'Europe, fête jeudi 25 avril ses 40 ans et se cherche un futur.
PLUS D'UN MILLION DE VÉHICULES
Chaque jour, pas moins de 1,1 million de véhicules (1,3 million d'usagers) circulent en effet sur ce ruban de 35 km de long et de 40 m de large ceignant la capitale. Inauguré avec faste le 25 avril 1973 par le premier ministre Pierre Messmer après quinze ans de travaux, pour faire face à l'accroissement rapide de la circulation, le périphérique s'est, au fil du temps, transformé en une insupportable fracture entre Paris et les 29 communes limitrophes.
"Dernière
enceinte" faite
"de béton, de véhicules, de bruit et de CO2",
l'ouvrage est un objet "nuisible et violent" disent certains.
POLLUTION ET BRUIT
Principale nuisance pour les 100 000 riverains qui vivent à moins de 200 m du boulevard périphérique : des concentrations de polluants atmosphériques qui dépassent deux, trois ou quatre fois les normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette pollution atmosphérique provoque des problèmes sanitaires pour les riverains.
Autre problème, le bruit de fond du flot de voitures auquel s'ajoutent des sons intempestifs : sirènes, motos pétaradantes, klaxons. Au total, 40 000 personnes sont affectées par le bruit du périphérique, à des niveaux qui dépassent, là aussi, les valeurs limites de l'OMS.
RÉDUCTION DE LA VITESSE
Pour limiter son impact, la mairie prévoit, d'ici l'été, de limiter la vitesse à 70 km/h, contre 80 km/h aujourd'hui. Cette mesure permettrait d'abaisser de 5 % les émissions de polluants atmosphériques.
Des revêtements anti-bruit ont été également testés porte de Vincennes et doivent être étendus à d'autres endroits critiques afin d' abaisser le niveau sonore.
CRÉATION D'UNE "CANOPÉE SOLAIRE"
D'ici à quelques années, la mairie espère ainsi voir éclore différents projets : création d'une "canopée solaire" (couverture légère accueillant des panneaux photovoltaïques) dans le 14e arrondissement, construction d'un immeuble-pont et de passerelles, comme à la porte de Vincennes, plantation d'une forêt linéaire (19e) ou encore aménagement d'un espace public sous le périphérique en viaduc (porte Pouchet). Des espaces qui doivent permettre de limiter les nuisances sonores, et rendre le périphérique plus agréable, sans toutefois limiter la pollution atmosphérique.
"Mais pour cela, il n'y a qu'une solution : réduire le trafic. A long terme, si l'augmentation du prix des carburants permet de limiter l'usage de la voiture individuelle, on espère remplacer le périphérique par un boulevard classique, avec des feux rouges. Ce serait vraiment la fin de la muraille."
Le Monde.fr | 25.04.2013
Par Audrey Garric